Le verre à moitié plein


Avant de rentrer un peu plus en détails sur la vie à Vancouver, ses quartiers, ses habitants, les sports outdoors, Hawaii, etc. dans les prochains articles, je tenais à évoquer combien le fait de garder le «bon» état d'esprit et de rester positif m'a permis de continuer d'avancer en ces temps d'incertitude.


Je parlais précédemment des aspects positifs de notre immigration, de la belle installation et du fait d'avoir eu un certain nombre d'étoiles qui se sont alignées de la bonne manière et au bon moment.

Comme vous pouvez l'imaginer, il y a bien sûr, au cours de ces deux ans et demi, eu quelques moments de doutes, des déceptions, des coups de «moins bien» , de la nostalgie, des manques...

Ce que j'ai toujours trouvé fou d'ailleurs, est combien la notion du temps se modifie en fonction de l'endroit où l'on habite, je dis cela car lorsque l'on vit dans son pays, auprès des siens, deux ans, et bien ça passe à la vitesse de l'éclair, en revanche, hors de ses contrées familières, le temps se ralentit, on a l'impression de vivre cent fois plus de choses car chaque expérience est une découverte, chaque petit endroit est une exploration, chaque démarche est une « mission », le simple fait d'aller faire ses courses est une expédition . :)


Avant de partir, le plan était d'avoir la possibilité de pouvoir rentrer une fois par an ou que nos proches viennent nous rendre visite de temps à autre. La première année, comme le dirait John « Hannibal » Smith, «le plan s'est déroulé sans accroc» et on a adoré ça!

Ma sœur et mes nièces sont venues en prospection, deux de mes amis nous ont également rendu visite, séparément, pour savourer les bières locales et découvrir la région, nous sommes rentrés en express après notre première année, bref, la connexion franco-canadienne demeurait excellente.


Puis, comme pour la planète entière, la secousse venue (d'après la légende) de Chine a fait vaciller le wifi, éteint quelques lumières et cloué la plupart des avions au sol. Comme indiqué précédemment, j'ai perdu mon travail, ma femme aussi pour le coup, afin de ne pas me laisser seul à la maison , et d'un seul coup, la distance Vancouver – France a étonnamment doublé ! Non pas que la géographie de la terre ai été modifiée,mais dans nos cœurs et notre esprit, la prise pour acquise liberté de voyager, d'aller où bon nous semblait, d'être à un passage de sécurité, trois films et deux plateaux repas de nos proches a été retirée.

Alors non, ce n'est pas cool, c'est clair que ça ne fait pas plaisir, et on préférait clairement quand le plan fonctionnait comme prévu, en gros, c'était mieux avant!

Mais quand je vois la situation dans laquelle des milliers de personnes sont plongées, je m'interdis la moindre once de plainte et me sens au contraire, chanceux.


Donc au lieu de passer mon temps en mode « saule pleureur », loin des siens, j'ai simplement décidé de visualiser mon verre à moitié (voir aux deux tiers) plein et je dois dire que cela m'a permis de rester à peu prêt sain d'esprit (je ne l'ai jamais complètement été pour être honnête donc disons que j'ai simplement gardé le cap).

Et à défaut d'établir de grands projets, j'ai décidé de me fixer de petits objectifs et de prendre à présent, une semaine après l'autre.

J'ai ainsi décidé de ralentir drastiquement mes visites des brasseries de la ville et des magasins qui vendent de la liqueur, non pas que j'y passais plus de temps qu'à la salle de sport :je suis coach sportif quand même ! :) Disons que c'était pour moi, une manière de montrer l'exemple au moment où la consommation nationale d'alcool augmentait plus que de mesure.

J'ai ensuite, suivi et obtenu quatre nouvelles certifications de coach afin d'améliorer mes compétences et ma qualité de service de Personal Training.

J'ai eu l'opportunité d'apprendre le kitesurf durant l'été, je lis plus de livres actuellement que lorsque j'étais en Bac Littéraire, 4 siècles plus tôt, j'ai déserté mon canapé et mon abonnement netflix tourne dans le vide, au profit de balades en extérieur, de pic-nics par 4 degrés et d'évasions en stand up paddle sur l'océan pacifique.


Face à toute cette incertitude, je dirais donc que l'instauration progressive de routines positives, la volonté de ne songer qu'à ce qui est en mon contrôle et le fait d'être constamment reconnaissant de ma situation actuelle, du fait aussi que mes proches se portent bien et de croire profondément que la situation rentrera prochainement dans l'ordre (il y a bien un moment où, comme dans tout bon scénario catastrophe, le méchant perd et les gentils retournent tranquillement à leur vie d'avant) me permettent de garder mon verre bien rempli.

Prenez bien soin de vous et n'oubliez pas de dire à vos proches combien vous les aimez.

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